Edito

Pascal Perrineau, Président du Festival Cinéma et Politique de Tours

Quoi de mieux qu’un festival du film sur le thème « Cinéma et Politique » pour rendre compte du mariage de la raison, du sentiment et de l’image qui constitue l’alliage fondamental de la politique. « Les images embellissent la raison, et le sentiment la persuade » écrivait Vauvenargues au milieu du XVIIIème siècle.

Aujourd’hui, l’immense avantage du cinéma est qu’il donne à voir, bien mieux que d’autres arts et analyses, l’entrelacs de mots, de discours, de programmes mais aussi d’émotions, de passions, d’images et de symboles dont est faite, de toute éternité, la politique. L’assassinat, aux allures de parricide, de César par Brutus dans le Jules César de Mankiewicz, le face à face des bourreaux communistes et de leurs victimes dans S-21, la machine de mort khmère rouge de Rithy Panh, la construction, au milieu des intrigues de cour, d’une monarchie absolue par le jeune Louis XIV dans La prise de pouvoir par Louis XIV de Roberto Rossellini, le poison du nazisme qui se distille lentement dans les veines d’une société allemande rongée par la misère et la haine dans L’ oeuf du serpent d’Ingmar Bergman, le rôle décisif du « quatrième pouvoir », celui des medias, dans Les hommes du président d’Alan Jay Pakula, les noces intimes de la violence et de la politique dans Ran de Kurosawa, la face sombre du meurtre sur lequel peut se construire un empire politique dans L’empereur et l’assassin de Chen Kaige, le face-à-face de la froide vertu révolutionnaire de Robespierre et de la brûlante force vitale de Danton dans le Danton d’Andrzej Wajda, la lente conquête des suffrages des électeurs américains par Bill Clinton et ses communicants dans The war room de Donn Alan Pennebaker… ce sont toutes ces puissantes images qui seront projetées sur les écrans pendant les trois jours du Festival Cinéma et Politique de Tours et qui nous feront entrer au coeur des ressorts intimes de la politique.


Ce seront aussi des personnalités du monde politique, intellectuel et artistique qui viendront à la rencontre du public lors de grands débats. Que ces trois journées soient l’occasion du plaisir du spectacle, de la chaleur du débat citoyen et de la joie de l’intelligence collective. La politique est rencontre, le cinéma aussi. Ils devraient faire, du 16 au 18 octobre 2009 à Tours, bon et heureux ménage.