AVEC : Boris Eltsine (lui-même)
SCENARIO : Aleksandr Sakourov IMAGE : Aleksandr Bourov
SON : Vladimir Persov MONTAGE : Leda Semenova
PRODUCTION : Lsdf (Studio de production documentaire de Leningrad)
De Aleksandr Sakourov (1951)
Ex-Union Soviétique - 1989 - 37 mn
Cette cinquième " élégie " du grand cinéaste de Saint-Pétersbourg, Aleksandr Sakourov, est un portrait terrible, d'une tendre cruauté de Boris Eltsine.
Ce film se déroule au moment où le leader soviétique, se trouve éloigné de l’arène publique, des discours et de la propagande officielle. Il fait déjà partie de l’univers sakourovien par excellence : en un lieu de silence, dans un temps arrêté, en pleine… inaction. Le spectacle est visuellement ambigu, aux limites de la paralysie et de la mort.
« En dépit du fait que Eltsine est arrivé au pouvoir de manière traditionnelle, sa personnalité reste extraordinaire et détient une grande part d’imprévisible, que j’attribue à une nature hors du commun », dit Sakourov. « Notre héros vient de l’amalgame tragique qu’est la civilisation socialiste soviétique. C’est le personnage principal d’un drame dont il est, aussi, l’un des auteurs. »
« En dépit du fait que Eltsine est arrivé au pouvoir de manière traditionnelle, sa personnalité reste extraordinaire et détient une grande part d’imprévisible, que j’attribue à une nature hors du commun », dit Sakourov. « Notre héros vient de l’amalgame tragique qu’est la civilisation socialiste soviétique. C’est le personnage principal d’un drame dont il est, aussi, l’un des auteurs. »
« Je suis né au cours de l’été 1951 à Podorvikha, un petit village de Sibérie orientale, près du Lac Baïkal, depuis noyé sous les eaux, suite à la construction d’un énorme bassin artificiel et l’implantation d’une usine hydroélectrique. J’ai commencé à étudier l’Histoire à l’université de Gorki (aujourd’hui Nijni Novgorod) en 1968, tout en travaillant en tant qu’assistant de réalisation à la télévision locale. Après avoir obtenu mon diplôme en Histoire, je suis entré au VGIK, l’école de cinéma de Moscou. Diplômé du VGIK, j’ai tout de suite travaillé aux Studios Lenfilm et aux Lsdf (studios de production documentaire de Leningrad). Entre 1978 et 1987, j’ai réalisé deux longs métrages de fiction et de nombreux documentaires. La censure n’a jamais autorisé aucun de ces films à être vus. A partir de 1987, avec les changements politiques en Union soviétique et grâce aux efforts de l’Union des cinéastes, presque tous ont été montrés. Ces neuf années ont représentées pour moi une expérience terrible mais ne m’ont, en aucun cas, contraint à capituler. Actuellement, je vis et travaille à Saint-Pétersbourg. »
Aleksandr Nikolaïevitch Sakourov
Filmographie
- La voix solitaire de l’homme (1978-87), Marie, élégie paysanne (1978-88)
- Sonate pour Hitler (1979-89) - L’homme rétrogradé (1980)
- Sonate pour violon. Dimitri Chostakovitch (1981)
- Et rien de plus (1982-87) - Une douloureuse indifférence (1983-87)
- Sacrifice du soir (1984-87) - Travail et patience (1985-87)
- Elégie (1986), Empire - Elégie moscovite (1987-88)
- Les jours de l’éclipse (1988)
- Sauve et protége (1989), Elégie pétersbourgeoise, Elégie soviétique,
A propos de faits en Transcaucasie
- Le second cercle (1990), Elégie simple,
Une rétrospective léningradoise [1957-1990]
- Un exemple d’intonation (1991) - Elégie de Russie (1992), La pierre
- Pages cachées (1993) - Voix spirituelles (1995), Le rêve du soldat
- Elégie orientale (1996), Hubert Robert. Une vie heureuse
- Mère et fils (1997), Une vie humble,
Journal pétersbourgeois. Inauguration du monument à Dostoïevski
- Journal pétersbourgeois. L’appartement de Kozintsev (1998), Confessions,
Conversations avec Soljenitsyne
- Moloch (1999), Dolce - Taurus (2000) - Elégie du voyage (2001)
- L’arche russe (2002) - Père, fils (2003)
- Journal pétersbourgeois. Mozart Requiem (2004) - Le soleil (2005)
- Elégie de la vie. Rostropovitch. Vichnevskaia (2006) - Alexandra (2007)